« Ne dépassez pas trois minutes. »
« Au bout de deux minutes, les internautes zappent. »
« Les trente premières secondes sont cruciales. »
« Seules les vidéos courtes sont vues. »
Ces injonctions reviennent sans cesse dès qu’il est question de vidéo sur Internet. Elles semblent s’imposer comme des règles évidentes. Mais pour quel contenu ?
Quel intérêt aurait une interview ou un reportage où, faute de temps, les artistes, photographes, réalisateurs et réalisatrices seraient condamnés à répéter les mêmes anecdotes, les mêmes formules, les mêmes mots, d’un entretien à l’autre ?
IMAGES ON TOURNE a fait un autre choix : celui de prendre le temps.
À rebours des interviews formatées et minutées seconde par seconde, loin des formats « fast & curious », « fast life » ou « fast n’importe quoi », équivalent audiovisuel du fast-food, chaque entretien est conçu comme une rencontre.
Une rencontre où l’écoute, l’attention et l’empathie permettent à la parole de se déployer librement.
Car la plupart des artistes ne sont pas naturellement à l’aise face à une caméra. Le dispositif technique peut sembler contraignant, le temps trop compté. Il faut parfois laisser la pensée emprunter des chemins de traverse pour que surgissent idées, expériences, projets ou émotions.
Alors l’interviewé cesse d’être seulement interviewé : il devient raconteur de son propre parcours, de sa relation à l’image, à la création, au monde.
Au fil des festivals, des expositions, des conférences et des rencontres, IMAGES ON TOURNE vous invite à découvrir ces femmes et ces hommes qui créent des images — et qui, à travers elles, racontent notre époque.
« Mon passe-temps favori, c’est laisser
passer le temps, avoir du temps,
prendre son temps, perdre son temps,
vivre à contretemps. »
— Françoise Sagan